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Les chrétiens d'orient
De Seminario de Antropologia
Le christianisme oriental est le christianisme tel qu'il s'est développé à partir des provinces orientales de l'Empire romain (Grèce, Proche-Orient, Égypte). Ces rites se sont notamment étendus au Moyen-Orient, en Europe orientale, en Arménie, en Inde du Sud, en Éthiopie... Il se caractérise (par opposition au christianisme occidental, notamment au catholicisme romain) par une organisation non centralisée, par la place de la culture et de la langue grecques et par la multiplicité des dénominations et des pratiques.
Les chrétiens d’Orient sont très divisés par l’histoire, la géographie, les rites et les langues. L’Orient compte d’abord les trois Eglises orthodoxes dites «pré-chalcédoniennes»: les coptes (7 millions) , les arméniens (5 millions), les syriaques (800.000). Ces Eglises «monophysites» n’avaient pas approuvé les conclusions du concile de Chalcédoine de 451 sur la nature à la fois divine et humaine de Jésus-Christ.
Des divergences doctrinales qui se sont estompées à l’époque moderne, à la faveur des rapprochements œcuméniques. Il faut distinguer ces orthodoxes «pré-chalcédoniens» des grecs orthodoxes du Proche-Orient, des orthodoxes de Russie, de Grèce ou de Constantinople, qui sont le fruit d’un schisme plus tardif, le grand schisme qui a séparé, en 1054, Rome (Occident latin) et Constantinople (Orient grec ou byzantin). Schisme qui perdure en dépit de la levée des anathèmes dans les années 1960 et d’un dialogue en dents de scie entre les orthodoxes et les chrétiens occidentaux, catholiques et protestants.
Le dilemme politique auquel sont confrontés les pays arabes abritant des minorités religieuses est à la fois simple et cruel : alors que la tyrannie protège généralement les minorités, la liberté est souvent accompagnée de leur persécution. La démocratie arabe naissante semble fondée sur une union nationale cimentée par une religion dominante et identitaire (à l’image de ce que fut longtemps l’orthodoxie en Grèce) tandis que la dictature encourageait un certain pluralisme qui lui valait la reconnaissance, la loyauté et le soutien des protégés du régime.
L’exclusion des chrétiens des nations arabes au moment même où elles semblent arriver à maturité, serait l’issue tragique d’une longue histoire. Au XIXème siècle, en raison notamment de l’existence parmi eux d’une bourgeoisie, acteur majeur et nécessaire des cristallisations nationales partout dans le monde, les chrétiens jouent un rôle essentiel dans le nationalisme arabe, organisant alors les forces politiques visant à affranchir les peuples arabes, non pas de la tutelle occidentale, mais de la tutelle ottomane. Ainsi, c’est un catholique libanais, Ibrahim al-Yazigi, qui écrivit « Arabes, réveillez-vous », chant autrefois célèbre qui aurait pu servir d’hymne aux révolutions arabes en cours.
Pour les promoteurs du nationalisme arabe, les nations occidentales font office de modèles. Les chrétiens espèrent alors que le sentiment d’appartenance arabe fortifié par la création d’une langue commune (qui donnera naissance à l’arabe standard moderne), constituera un ciment unificateur pour les citoyens de confessions différentes. Aujourd’hui, c’est une Turquie formellement laïque mais massivement musulmane qui est mise en avant comme un modèle possible pour les nouveaux régimes, et seuls quelques intellectuels arabes résidant en Occident tentent d’inciter les peuples arabes à s’inspirer des démocraties libérales à l’européenne, sans susciter beaucoup d’écho ailleurs. Rappelons qu’en un siècle, la Turquie, aujourd’hui dirigée par un parti islamiste démocratiquement élu, a presque complètement éradiqué le quart chrétien de sa population. Que l’on puisse, sans se poser de questions, s’enflammer pour le modèle turc, surtout lorsqu’il est appliqué à des pays qui abritent des minorités religieuse, laisse songeur.
Aujourd’hui, au Moyen-Orient, les chrétiens ne sont plus des acteurs de l’histoire. Même au Liban ils ne sont plus qu’une force d’appoint – d’ailleurs divisée – pour les chiites ou les sunnites. Finalement, ce printemps arabe n’aura fait que hâter le processus de liquidation du rôle politique des chrétiens. Aujourd’hui ceux-ci voient se réaliser leur pire cauchemar : l’avènement d’un islam politique par le moyen – le réveil des peuples arabes – sur lequel ils comptaient autrefois pour l’éviter !
La France qui joua dans son histoire le rôle éminent de puissance protectrice des chrétiens d’Orient doit-elle ici encore faire l’autruche et se désintéresser de leur sort ?
- Lire aussi
- http://www.zenit.org/article-27784?l=french (Pour les chrétiens d’Irak et tous les chrétiens d’Orient)


